VagueBelge_PetitRechain

La Vague Belge, 1989-199?

Les évènements de la soirée du 29/11/1989

Chapitre II : les observations des gendarmes d'Eupen



Abstract

Nous avons pour cette soirée du 29 novembre 1989 la chance de posséder deux échantillons distincts de signalements :

1/ Les observations des gendarmes et agents publics du district d'Eupen et de ses environs,
2/ Les observations de 7 civils, entre 17h30 et 18h00.

Comme chacun sait, la gendarmerie est un corps d'élite à la discipline militaire dont les représentants n'ont pas pour habitude de livrer leurs confidences et états d'âme à ceux qu'ils appellent, non sans une pointe de mépris, des "civils". C'est en l'occurrence un excellent filtre de non-contagion entre les deux échantillons.
Or, l'on constate que les données de ces deux échantillons se complètent et se recoupent, parfois jusque dans les moindres détails.

Par ailleurs on trouvera un très long et très complet dossier sur les évènements de cette soirée, représentant plusieurs années de recherche et de débat, dans cet autre article du Pr Meessen : "Etude approfondie et discussion de certaines observations du 29 novembre 1989", paru initialement dans le N° 100 de la revue Inforespace (octobre 1997, 16-70), puis mis en ligne et réactualisé sur Internet en 2001.
Le Pr Meessen y réfute notamment de manière très approfondie et convaincante les explications avancées par les "sceptiques" : méprise avec la planète Vénus (défendue aprement par les sceptiques Wim Van Utrecht et Paul Vanbrabant), ou avec un ULM (Jaques Bonabot, dirigeant le GESAG, Groupement d'Etude des Sciences d'Avant-Garde).

Il apparaît donc clairement que plusieurs "choses" inconnues ont longuement survolé à basse altitude la province liégeoise au cours de cette journée du 29 novembre 1989. Et que ces choses, qui n'étaient ni Vénus ni un ULM ni quoi que ce soit d'autre de connu de l'homme, restent "non identifiées" à ce jour.
C'est l'avis de tous ceux qui ont réellement enquêté ou investigué tels Michel Bougard, Franck Boitte ou Auguste Meesseen.

Préliminaire : les sources

Malgré de multiples publications, il reste encore aujourd'hui difficile de reconstituer la chronologie de ces événements exceptionnels, voire même de savoir combien de gendarmes y ont été mêlés.
Après un recensement des rapports conservé dans les 15 classeurs d'archives entreposés au siège social de la SOBEPS où ils sont rangés par ordre alphabétique et dont le nombre atteignait à l'époque 647 (et non pas 2000 comme la presse grand public l'a colporté alors), il s'est avéré n'y avoir aucun rapport d'enquête relatif aux observations des gendarmes, ayant respecté les propres procédures d'enquête de cette société.
La procédure normale d'enquête, définie par M. J.L. Vertongen, longtemps responsable du réseau, prévoit en effet - entre autres - la remise à bref délai de rapports écrits et signés qui seront ensuite dûment vérifiés et appréciés par lui et soumis au contrôle interne des autres enquêteurs, ou la recherche systématique d'alternatives classiques (dont Vénus, ballons, etc.) comme stipulé au praragraphe "Hypothèses alternatives" de la Section IV.

Voilà qui a pu justifier en partie les attaques postérieures tardives de nombreux "ufosceptiques" virulents, qui ont stigmatisé le caractère "amateur", "non scientifique" et "partial" du travail de la SOBEPS à cette époque (VOB 1&2).

Attaques largement infondées car ce relatif non respect des procédures internes d'enquête (certains enquêteurs chevronnés ont quand même fait un excellent travail suivant les procédures établies) s'explique assez naturellement par l'avalanche imprévue d'observations. Il a fallu parer au plus presser, et réactiver en urgence le réseau d'enquêteurs.
Il fut également compensé par la qualité remarquable des intervenants de la SOBEPS les ayant collationnées ou analysées. Au premier rang desquels le Pr Auguste Meesseen, scientifique de renom, germanophone et spécialiste de la physique atmosphérique. S'il n'a peut être pas respecté "la lettre" de la procédure, il a en revanche toujours rendu compte de manière très détaillée (VOB 1 et 2, Inforespace, site Internet), et a surtout investigué bien plus en profondeur ces cas sur le terrain scientifique. Ces contributions majeures (notamment sur le cas de la Gileppe) compensent pour ma part le manque de formalisme des rapports d'enquête.

Observations de la soirée du 29/11/1989

Abréviations utilisées dans ce texte :

ALT (altitude) : altitude par rapport au sol.
ELO (éloignement) : distance estimée entre le témoin et le phénomène.
ABL : passage à la verticale (au-dessus) du témoin.
VIT (vitesse) : vitesse de déplacement estimée par l'enquêteur et/ou le témoin

Identité des principaux témoins militaires (classés par ordre d'entrée en scène) :
Identité des 7 principaux témoins civils (classés par ordre d'entrée en scène) :
Voici maintenant le détail chronologique des évènements.
Avant 19h00 : l'observation en continu de von Montigny et Nicoll (N68 vers la Gileppe)
1° entre 17h00 et 17h30
Le gendarme Gunther Justen.
Il fait encore  jour même si l'on se trouve en phase crépusculaire. Affecté au contrôle des passeports au poste frontière, il aperçoit "à 500 m de moi et une centaine de m. d'ALT, venant d'Allemagne, un objet volant insolite qui comporte 2 ou 3 phares très brillants allumés. Vitesse : 50-60 km/h." (VOB1,16).
ELO : 500 m ; VIT : 50-60 km/h.

2° 17h20
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
En patrouille en camionnette sur la N68, venant d'Eupen en direction d'Eynatten, entre Kettenis et Merols, ils remarquent "une forte lumière éclairant une prairie sur leur droite".
Levant les yeux, ils aperçoivent, très bas, un objet triangulaire silencieux immobile dans le ciel qui projette trois faisceaux éblouissants vers le sol. Au centre, un gyrophare rouge clignotant. A 17h24, ils alertent la caserne d'Eupen et demandent de prendre des renseignements auprès du camp d'entraînement voisin d'Elsenborn, sur la possibilité d'une manœuvre militaire. Cette demande leur est refusée (SFS1,3, VOB1,23).

Cet épisode célèbre est bien résumé dans cet extrait de l'article "Analyse et implications physiques de deux photos de la vague belge" par A. MEESSEN, Professeur à l'U.C.L., paru dans le N°100 de la revue Inforespace en 2000, et publié sur internet en 2001 :

Un cas mérite tout particulièrement notre attention, parce qu'il illustre des aspects qui joueront un rôle important dans la suite. Il s'agit de la plate-forme triangulaire que les gendarmes von Montigny et Nicoll ont découverte le soir du 29 novembre 1989, près de la route qui mène d'Eupen à la frontière allemande. J'ai mené une enquête sur ce cas en 1989 et je l'ai approfondie en 1997 [3, 4]. Pour visualiser un objet typique de la vague belge et les faisceaux qui joueront un rôle important dans la suite, je reproduis un dessin, réalisé d'après la description des témoins (figure 1).
 
  Ovni triangulaire Gileppe 29/11/89

Figure 1: Le triangle observé le 29 novembre 1989 par les gendarmes von Montigny et Nicoll.    
Cet objet se tenait immobile, à environ 120 m au-dessus d'une prairie, éclairée d'une lumière blanche, très intense. Elle provenait de trois grands phares, situés près des coins du triangle. En fait, les gendarmes voyaient trois " faisceaux lumineux ", formant des cônes dont les bords étaient bien définis et dont le volume intérieur était lumineux. L'air était sec, pourtant, puisqu'il avait gelé depuis le début de novembre dans cette région. Cela veut dire qu'il ne pouvait pas s'agir simplement de lumière, diffusée par des particules en suspension dans l'air. Ces énormes " phares " devaient produire une autre radiation, interagissant avec les molécules de l'air de telle manière que celles-ci émettaient de la lumière dans n'importe quelle direction.
     Les gendarmes étaient très surpris, mais pensaient à ce qui leur semblait le plus normal. Serait-ce un nouveau type d'engin militaire? Ils n'entendaient pas de bruit venant de là, bien que c'était un objet de grande dimension, puisque la base, entre les coins coupés, avait une longueur de 30 à 35 m [5].


3°17h24
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
Arrêtent et descendent de leur véhicule. Ils voient l'objet se mettre lentement en marche et, toujours dans un silence total, pivoter sur lui-même et partir en direction d'Eupen. (SFS1,3, VOB1,17-18, INF95,17).
ALT : 120 m ; ELO : 130 m
Ils regagnent leur caserne pour tenter de convaincre le responsable du dispatching, le gendarme Albert Creutz, que quelque chose d'anormal se promène dans le ciel.

Au  même moment sur la N68, M. X. (exerçant une fonction officielle à Eupen), roule avec un collègue  vers Eupen. Un peu au-delà de Kettenis ils voient un objet volant, doté de phares très puissants. Il avance lentement vers Eupen, à droite de la route N68 et assez près de celle-ci. Le conducteur pense qu'il doit s'agir d'un hélicoptère mais il s'étonne lui aussi de la lenteur du vol, de la très basse altitude et surtout des phares excessivement lumineux. Croisant l'objet il perçoit clairement trois faisceaux qui éclairent le sol et une forme triangulaire sombre se déplaçant pointe en avant.  Un petit clignotant rouge clignote à fréquence constante entre 1 ou 2 fois par seconde.
Ayant rempli sa mission à Eynatten, le témoin reverra l'objet en le croisant dans l'autre sens (coté est de la N68 cette fois-ci), ce qui prouve que celui-ci se déplaçait très lentement.

4°17h27
Les gendarmes Albert Creutz et Willems Robert.
Par la fenêtre de la caserne, en compagnie des deux précédents, tous les quatre aperçoivent dans le ciel une forte lumière qu'ils ne peuvent identifier. Depuis l'azimut 166° (calculé par le Pr. Meessen), elle se dirige lentement vers le barrage de la Gileppe (à 8 km d'Eupen, direction SSO). Ce n'est pas Vénus qui se trouve à ce moment à l'azimut 210°.
Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll quittent la caserne et reprennent la route dans cette direction. (INF95,27).

5° ~17h30 (civils)
A peu près au même moment (~17h30) M. G. (ayant des responsabilités techniques très importantes à la ville d'Eupen) se trouve à Nispert, une hauteur au Nord-Est d'Eupen. Il voit arriver de Kettenis un objet volant doté de trois gros phares brillants disposés en triangle qui passe silencieusement à 200 ou 300 m de lui.

Encore au même moment, M. D1., directeur d'école, voit "un peu après 17h15", alors qu'il range sa voiture, un objet de forme imprécise, doté de 3 ou 4 puissants phares blancs et d'un clignotant jaune-orange au milieu, se déplacer à 100 ou 150 m du sol et à 800 m de lui.

Toujours aux alentours de 17h30, M. D2., surveillant dans une entreprise, aperçoit par sa fenêtre, et venant de Kettenis, une lumière blanche extraordinairement intense silencieuse qui, en se rapprochant, révèle une surface plane portant 3 grands phares circulaires en triangle. La pointe avant est arrondie. Au milieu se trouve une petite lumière rouge qui clignote environ 2 fois par seconde. Le témoin estime la vitesse de l'objet à 60 ou 70 km/h et sa hauteur à moins de 200 m. Il est très impressionné par la largeur de l'objet, "massif et puissant" dira-t-il (wuchtig, en allemand).

Sortant d'un magasin de la rue Pavée à Eupen, M. et Mme A. voient un très grand objet volant avec des phares excessivement lumineux, en le prenant d'abord pour un gros hélicoptère, mais rejettent aussitôt cette hypothèse, en raison du silence absolu de son déplacement. En outre cet engin a la forme d'un triangle à pointe arrondie et coins arrières coupés. M. A. connait bien les AWACS qu'il observe souvent, ceci est autre chose. Si c'est bien le même objet que les observations précédentes, celui-ci a allumé d'autres lumières : 2 puissantes à l'avant, une plus faible à l'arrière.
L'objet s'incline en prenant un virage et en s'éloignant, révélant sa structure supérieure. L'objet est très plat mais surmonté d'un dôme. M. A. regarde sa montre il est exactement 17h30, l'observation ("très impressionnante") n'a duré que 45 à 60 s.

6° entre 17h30 et 18h00 (civils)
M. S., brigadier des eaux et forêts.
Rentre chez lui en voiture et aperçoit un ensemble de lumières se déplaçant dans le ciel à environ 200 m du sol à environ 1 km de lui. Il distingue 4 ou 5 lumières pas très éclairantes formant un losange, et se déplaçant tellement lentement vers Membach qu'il trouve cela anormal. Ayant coupé le moteur et étant sorti de sa voiture le témoin constate que l'objet est totalement silencieux. Il le perd de vue après environ 1 minute.

7°~18h00
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
Le phénomène se déplace à présent en direction du barrage de la Gileppe (SFS1,3).
 
8°18h00
Le gendarme Robert Willems et l'adjudant Joesph Schmitz.
Lorsqu'ils quittent l'autoroute à  Moresnet (8 km au N d'Eupen), l'objet passe au-dessus d'eux. Ils voient à ce moment deux gros phares blancs à l'avant, un troisième à l'arrière et un rouge plus petit au centre. Toutes ces lumières clignotent en même temps. Ce ne peut donc pas être, pensent les témoins, un avion. (VOB1,29).

9° 18h00
Le gendarme Albert Creutz.
Devant l'affluence des témoignages qui concernent cet objet non identifié qu'il peut à présent voir lui-même, décide enfin d'alerter le camp militaire d'Elsenborn et la base aérienne de Bierset qui possède un radar (SFS1,3).

10° 18h15
Le gendarme Albert Creutz.
Constate que l'objet se déplace. A la place de son précédent emplacement en apparaît un second (ALT. 100-150 m). Il a la forme d'un quadrilatère, avec 4 gros phares blancs aux sommets et se dirige vers Lontzen (SFS1,4).

11° ~18h20
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll. Revoient l'objet lumineux en déplacement, avant qu'il ne s'arrête "au-dessus (~50-60 m) et un peu à gauche" de la tour du barrage de la Gileppe, distante de 4,6 km et arrêtent leur combi sur la hauteur de Kortenbach. Ils sont face "à une profonde vallée, à la limite de leur zone autorisée d'intervention, un endroit d'où la vue est bien dégagée".
Depuis la caserne d'Eupen, on leur assure par radio que "l'armée a été alertée et va s'en occuper". Ils restent donc sur place. (INF95,27-29,44)  pour assister à un spectacle étonnant : des 2 côtés de la lumière émergent symétriquement à l'horizontale deux faisceaux rougeâtres "qui partent comme des harpons de pêcheur". Leurs extrémités sont limitées par deux boules rouges. Ces bandes surgissent brusquement, s'écartent très rapidement ("rasend schnell") de l'objet principal d'environ 5-6 km*, pendant 3-4 minutes semblent tourner autour de lui comme des balles de yo-yo au bout d'un élastique. Ensuite, elles disparaissent avant de resurgir de l'objet principal 4-5 minutes plus tard et effectuer les mêmes mouvements (INF95,44-46, VOB1,24).
(*) Il ne faut pas attacher à ce chiffre plus d'importance qu'il n'en a. Von Montigny n'avait pas de points de repères et il a simplement eu l'impression que c'était "extrèmement long" (VOB1, 23).

Gileppe : boules rouges
Figure 2: Représentation schématique des deux phases du phénomène des boules rouges.
(extrait du site du Pr Meessen, à http://meessen.free.fr/AMeessen/Gileppe/)

Ce spectacle va continuer sans interruption au même endroit pendant plus d'une heure.

Sans s'occuper des autres, c'est ce cas précis que les ufologues flamands vont contester, parce qu'il suffit déjà pour bouleverser leurs croyances.

12° 18h45
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
Apparition d'un second objet, d'abord vu par Heinrich Nicoll qui le signale à son collègue.  "On aurait dit qu'il avait été catapulté du sol, juste derrière un petit bois de sapins. Il venait de Baelen (O d'Eupen, à 2 km) et  se dirigeait vers nous et l'E40 en suivant  une trajectoire incurvée. C'était un triangle, légèrement cabré. Sur le dessus on voyait une sorte de coupole avec des hublots. Depuis Eupen, par radio, les collègues nous ont averti qu'ils le voyaient aussi" (SFS1,4).

13° 19h23
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
L'objet ponctuel qu'ils observent depuis environ une heure diminue progressivement de taille et disparaît dans la nébulosité ambiante.
Après 19h00 : autres observations limitrophes
1° ~17h48
Le gendarme Robert Willems et l'adjudant Joesph Schmitz.
Roulant sur la E40 en direction d'Eupen, ont l'attention attirée par un objet ponctuel très lumineux qui semble immobile au-dessus de Verviers (OSO d'Eupen). Il leur semble ensuite qu'il se met lentement en mouvement vers l'E, qui est aussi la direction suivie par leur véhicule.
NB : il n' y a aucune raison de penser qu'il s'agisse du même ovni que celui observé au même moment par MM. von Montigny et Nicoll.

2° 19h10
Les gendarmes Peter Nicholl et Dieter Plumans.
Occupés à un contrôle routier à Henri-Chapelle, ont aperçu un engin aérien équipé de deux gros phares qui se dirigeait vers la gare de Montzen (NE  d'Henri-Chapelle) en longeant la N3. Après avoir pris contact radio avec Albert Creutz, ils se lancent à sa poursuite.
 
3° ~19h10
Mr. Charles Nicolae, douanier.
Emmène 4 enfants à un entraînement sportif. Une première fois, ils aperçoivent tous du côté droit de la route un objet qui vole très bas et lentement au-dessus des arbres d'un petit bois. Les lumières violentes qu'il porte empêchent de bien en distinguer les contours. Après avoir disparu un moment, l'objet réapparaît à l'arrière de la voiture, cette fois du côté gauche. Le conducteur arrête le véhicule, coupe moteur et radio et descend. Après être resté immobile 4 min., l'objet, qui émet un léger sifflement, reprend sa route. ALT : 50 m, ELO : 100 m.

4°19h15
Le gendarme Robert Willems et l'adjudant Joesph Schmitz
De la caserne d'Eupen, il aperçoit le second objet décrit par ses collègues : "J'étais occupé à faire le plein à la pompe d'essence de la caserne, moteur de la voiture de service éteint. à ce moment, j'entends Nicoll à la radio : "Attention, ça s'approche de la caserne". Le collège et moi, nous levons la tête et on voit, direction SO,  un grand objet porteur d'une sorte de gros phare avec un autre rouge par-dessous. Je me dis, c'est l'AWACS. Mais voilà, il n'y avait pas de bruit de moteur, c'était tout à fait silencieux (dans la première version recueillie juste après les faits : un faible bruit de moteur électrique). Et puis il y avait des tas de lampes qui s'allumaient et s'éteignait de façon désordonnée. Ca venait de Baelen et ça a tourné au-dessus de la cour en direction de Lontzen (10 km au N d'Eupen)" (INF95,55).

5° ~19h28
Les gendarmes Peter Nicholl et Dieter Plumans.
S'étant rapprochés, les deux gendarmes coupent le moteur et quittent leur véhicule à hauteur du home Beloeil. L'objet se  tient immobile, ALT 80 m, ELO 100. Forme : losange, envergure : 15 m. Sa proximité permet d'apercevoir de nombreux détails.
Lorsqu'il se remet en marche, l'intensité des phares qui le délimitent diminue et les deux gendarmes perçoivent une sorte de chuintement, comme un bruit de turbine : swe, swe. L'objet s'arrête à nouveau à hauteur de l'échangeur de Battice. A 19h30, il se passe quelque chose d'étonnant : d'entre les trois phares blancs de tête, Plumans, resté au volant du véhicule, le voit expulser une boule rouge qui descend verticalement d'une dizaine de m. puis file à angle droit.
L'objet revient alors sur ses pas et survole à nouveau les gendarmes qui remontent dans leur véhicule et se lancent à sa poursuite.
Vitesse : 100 km/h (SFS1,4).
Un peu avant 20 hrs, ils sont distancés et abandonnent la poursuite.

6° 19h40
Le gendarme Robert Willems.
Rentré chez lui à Hergenrath, il continue à écouter sur son poste personnel les communications qui continuent d'aller bon train entre ses collègues toujours  en service. Intrigué, il décide alors de prendre sa voiture pour aller se poster au Walhornerfeld, d'où on dispose d'une vue panoramique sur la région. Haut dans le ciel, il y aperçoit un objet volant qui ne présente pas les lumières vertes et rouges clignotantes habituelles des avions. après quelques minutes, comme il ne se passe plus rien, il décide de rentrer chez lui.

7° 19h45
Les gendarmes Hubert von Montigny et Heinrich Nicoll.
Quelques minutes plus tard, ce sont ses collègues qui, de retour de Membach, s'arrêtent à leur tour au Walhornerfeld.
Ils y observent eux aussi un objet muni de 3 phares blancs qui évolue le long de l'E40 avant de s'arrêter au-dessus d'Henri-Chapelle puis de s'éloigner en direction de la frontière hollandaise. Il est définitivement perdu de vue à 20h39 (SFS1,5)


La thèse des ufosceptiques flamands

Vini, vidi ... Vénus !
Cette thèse, présentée en premier par Mr. Van Brabant (17 déc. 1996), reprise et amplifiée ensuite par MM. Van Utrecht et Jacques Bonabot et discutée au siège de la SOBEPS le 22 fév. 1997, est la suivante (Source : Article de Wim Van Utrecht sur le site de la SOBEPS) :

Les observations de la journée du 29 nov. 1989 sont essentiellement dues à la présence d' "un ballon ou d'un ULM" que les témoins n'ont pas su correctement identifier dans le ciel. A partir de 19 h 00, celles des gendarmes en direction du lac de la Gileppe résultent du coucher de Vénus, qui se situe justement à l'azimut des observations (la tour du lac), présence que les gendarmes ne mentionnent pas dans leurs déclarations au Pr. Meessen qui n'en parle pas non plus. Les observations cessent d'ailleurs après que Vénus soit descendue en dessous de l'horizon.
Discussion
Il y a eu plus d'une centaine de signalisations ce jour là (138), dont une trentaine rien que pour la tranche 19h-20h correspondant à celle des deux gendarmes. Emettre un doute (qui plus est injustifié) sur ce témoignage pour remettre en cause sans les étudier la crédibilité globale de la vague et des autres témoignages, est donc tout simplement malhonnête.
Ces explications "minute" ne correspondent tout simplement pas aux faits tels que rapportés par les témoins. Les hypothèse "Vénus" ou "ULM" ne tiennent pas compte non plus de l'observation simultanée, signalée par plusieurs témoins en des endroits différents (voir cas N°10 et N°20), de plusieurs objets évoluant de concert.

Examinons les néanmoins une à une.

Phénomène initiateur banal diurne (Ballon, ULM)


L'hypothèse du ballon n'est pas acceptable car, outre qu'elle ne cadre pas aux descriptions, comment expliquer que son auteur ne se soit pas officiellement fait connaître depuis tout ce temps ? Il y a bien eu un "inventeur génial" d'origine croate, que Mr. Van Utrecht a également interviewé (mais une seule fois et seulement par téléphone), pour avoir affirmé qu'il était à l'origine des observations du 29 et même tant qu'on y était, de toutes les autres de la vague tout entière.
Mais avec le recul, il est probable aujourd'hui qu'il s'agissait là soit d'un mythomane avide de notoriété, ou en quête de réclame (il est probable que ce monsieur cherchait à faire connaitre le système qu'il avait développé).
La dernière hypothèse est qu'il s'agisse d'un habile agent de désinformation. Mais le détail de l'enquête que F. Boitte a menée à ce sujet sortant du cadre du présent document, j'y reviendrai dans un exposé ultérieur.

Méprise nocturne avec Vénus

Même s'il est possible, pour ne pas dire probable, car, vu l'extrême diversité des témoins, le contraire serait étonnant, que Vénus ait été à l'origine de certains rapports, notamment ceux de longue durée et vus par des témoins inexpérimentés à des distances supérieures au kilomètre, la thèse des ufosceptiques flamands ne tient pas :
a) elle se trompe carrément d'une heure (confusion grossière entre Temps Universel et heure locale), comme l'a démontré le Pr Meessen dans son article déjà cité. L'écart minimum entre Vénus et l'ovni était déjà de 10°, et n'a fait ensuite qu'augmenter, rendant impossible toute "confusion".
b) elle n'est pas conforme aux descriptions rapprochées d'objets sombres, très plats, en forme de plates-formes ou entièrement triangulaires, sans découpes sur les côtés, munis de puissants phares éclairant le sol (faisceaux  de « lumière solide » si
spécifiques à ce premier cas, et à bien d'autres ensuite, sous forme de faisceaux tronqués) bien distincts à leurs sommets et d'un phare central rouge pulsant, généralement silencieux mais émettant des sifflements et bourdonnements atypiques à faible distance, capables de rester stationnaires ou parfois de pivoter sur place.

Bref cette thèse ne cadre pas avec les témoignages (une Vénus triangulaire?!), loin s'en faut, et n'a que peu de rapport avec celui relaté par les témoins, sauf à remettre gravement en cause le discernement et les observations des nombreux témoins, dont des gendarmes, et à les prendre pour des affabulateurs ... ce dont ne se prive pas M. Utrecht.

D'ailleurs dans un courrier adressé à un journal allemand qui, emboîtant le pas à l'organisation sceptique CENAP, s'était permis de traiter leurs observations avec une ironique désinvolture, le gendarme Creutz réagira violemment en défendant la compétence et l'intégrité professionnelle de ses collègues en même temps que la sienne. Il n'en obtiendra pas pour autant des d'excuses.

Phénomène des "boules rouges"

Quant au phénomène "des boules rouges comme reliées par des élastiques" il proviendrait d'une illusion d'optique due à la réfraction atmosphérique d'un objet astronomique bas sur l'horizon. Wim Van Utrecht spécule sur un éventuel phénomène atsmosphérique rare, de type parhélie, sans en apporter la moindre preuve. Et surtout il reconnait lui même que les mouvements relatifs de ces points lumineux par rapport à la boule restent inexpliqués, à moins bien sûr de surenchérir dans les hypothèses et d'inventer un phénomène atmosphérique "ad hoc".

L' "inventeur" de cette explication reconnaît également qu'il n'a pas avoir réussi à en trouver un seul autre exemple dans la littérature spécialisée qu'il a pu consulter. Il s'agit donc bien de sa part d'une "invention personnelle". Or, malgré quelques connaissances en astronomie et optique de l'atmosphère, cet analyste de banque n'a pas les compétences voulues pour avancer ce genre de théorie nouvelle. Mr. R. Blomme, l'astronome pourtant sceptique appelé à leur rescousse pour la circonstance par les ufologues flamands se montre beaucoup plus prudent.
Voir INF95, pp.16-70 et plus spécialement la 30.

Le prototype secret américain (F117, LoFlyte)

Certains "sceptiques" ont également postulé la présence d'avions secrets américains ou autres dans le ciel liégeois ce soir là. Mais outre que l'ambassade américaine en Belgique l'a vigoureusement démenti et que les autorités américaines ont plus tard spécialement dépêché des enquêteurs pour venir s'informer de la situation sur place(*), aucune des descriptions des témoins ne mentionne les découpes en biseau ou les ailerons caractéristiques du F-117, du bombardier B-2 ou de leurs successeurs. Bref là encore les sceptiques essaient de tordre les faits pour les adapter à leurs théories.

(*) ce que n'ont fait, je le rappelle au passage, aucun des sceptiques qui ont cru légitime de faire entendre leur voix alors qu'il n'était plus temps vu que tout était terminé (comme Bertrand Méheust ou Pierre Lagrange, voire encore Marc Hallet, qui était pourtant lui sur place !)
De l'attitude des "sceptiques"
Pour en revenir aux ufosceptiques néerlandophones, il est également très regrettable que cette équipe ait attendu près de 10 ans pour faire entendre sa voix et affirmer sa différence alors qu'il lui aurait été possible dès les premiers jours de la vague de se joindre aux équipes d'enquêteurs, étonnement peu nombreux, qui ne savaient littéralement plus où donner de la tête et des jambes alors qu'ils sillonnaient la région pour effectuer leur travail de fourmi. Compte tenu de la quantité de matière, ils auraient même plutôt été les bienvenus ! Ce fut par exemple  le cas du NUFOC qui a fort obligeamment transmis à la SOBEPS des copies de plusieurs de ses enquêtes.

Enfin, comment ne pas soupçonner dans cette tardive autant qu'inattendue démarche de la part de ces ufologues néerlandophones ce que dans son livre référence F. Parmentier qualifie de "ciblage" :

"le ciblage : [consiste à] choisir un cas dont un ou plusieurs détails peuvent être attaqués afin de fragiliser la cohérence d'ensemble et, en corollaire, se taire sur les cas n'offrant pas de prise" (PAR2004, p 275)

car c'est exactement ce dont il s'agit ici. Pour toutes ces raisons, l' "invention" comme dirait P. Lagrange, tardive et "de circonstance" de cette explication ne peut donc qu'être rejetée.

Bibliographie :

ABR2001 : Jean-Michel Abrassart, "Approche sociopsychologique du phénomène ovni", mémoire de licence, UCL, Louvain la Neuve.
INF95 : Inforespace, revue de la SOBEPS, n°95 de'octobre 1997.
PAR2004 : François Parmentier, "OVNI : 60 ans de désinformation" éd. du Rocher.
SFS1 : SOBEPS Flash Trimestriel n°1, fév. 1990.
VOB1 et 2 : Vague d'Ovni sur la Belgique, Tome 1 et Tome 2.


Table des matières "Vague Belge"

Article créé le 13/06/2005 ; dernière révision le : 09/07/2005 ; © Alain Delmon & Franck Boitte - juin 2005